jeudi 1 juillet 2010

Suède : la côte ensoleillée

La côte Ouest est surnommée la côte ensoleillée. Et depuis une semaine que nous y naviguons, nous pouvons affirmer que ce surnom est mérité ! Nous avons vécu un épisode orageux, avec de fortes pluies pendant une nuit et un coup de vent, et le reste du temps le ciel a été radieux. Côté température de l’eau, rien à dire : entre 18° et 20°, et Danièle a pris son premier bain de l’année.
La frontière avec la Norvège est proche, et la côte entre Göteborg et Strömstad, la ville la plus septentrionale de la côte ouest de la Suède est longue de 80 nautiques : rien de comparable avec la côte Est !
Nous avons retrouvé avec plaisir certaines caractéristiques de « nos » mers : la salinité (encore un peu faible au Sud de la zone), la vie marine (en quelques jours nous avons croisé un phoque et deux petits groupes de marsouins, la pêche est florissante et les coquillages très abondants), la clarté de l’eau… Nous avons aussi retrouvé les méduses (brunes, flottant entre deux eaux) et les goélands (mais avec des signes distinctifs). Le marnage n’est que de 10 centimètres, mais nous avons rencontrés quelques courants.
Au Nord de la zone se situe une faille de 250 m de profondeur qui amène par le fond les eaux salées de l’Océan via la Mer du Nord et la Norvège : nous n’avions pas mesuré de tels fonds depuis l’an dernier ! D’ailleurs, nous ne les avons pas mesurés, car au-delà de 110 m, notre sondeur a lâché prise… Un laboratoire international de biologie marine est installé à Tjärnö, où l’on peut vous parler de coraux, de harengs de 3,5 mètres de long…
Si au Sud de Göteborg, l’archipel est quasi inexistant, au Nord il est très important. Il s’étire le long de la côte et forme donc des bandes d’îles Sud-Nord. Les îles les plus à l’Ouest, et la côte Ouest des îles plus près de la côte sont complètement dénudées, des rocs à perte de vue, souvent de granit rose avec parfois un petit air de Ploumanach. Mais les îles et terres protégées du vent sont vertes, terres agricoles riches. La côte est parsemée de villages de pêcheurs. Pas comme sur la côte Est : il s’agit de villages qui vivent de la pêche, et la plaisance et le tourisme ne sont que des éléments de plus. Et il n’est pas difficile de s’approvisionner en bon poisson. Pour faire une comparaison avec ce que nous connaissons en France, nous dirions volontiers que l’archipel extérieur ressemble à la côte du côté de Marseille, avec les mêmes lumières violentes, les roches… l’archipel intérieur ressemble plus à la Bretagne avec ses abers: à vous de vous faire une idée avec les photos !
La côte est donc très agréable, mais aussi très fréquentée, par les Suédois bien sûr, mais peut-être encore plus par les Norvégiens.
Il faut noter que la Norvège est un pays où la vie est très chère… Il est habituel pour un Norvégien n’habitant pas trop loin de la frontière de faire un voyage par mois en Suède pour se ravitailler… Donc, beaucoup de monde, sur mer, dans les ports et les mouillages : cela nous change de notre isolement (recherché) dans le Nord de la Suède : nous sommes passés d’un extrême à l’autre !
Beaucoup de bateaux, mais pas toujours d’excellents marins. Nous avons observé que de nombreux voiliers naviguent avec le moteur, même quand il y a un bon vent, dès qu’il est de face ou qu’il y a de la mer… L’amarrage de certains bateaux norvégiens dans le port de Strömstad nous a semblé précaire et peu respectueux du voisinage…
Notre navigation a donc été fort agréable, d’autant que nous avons eu du vent portant : facile ! Nous avons fait halte dans deux ports : Skärhamn un peu au Nord de Göteborg et Strömstad à la frontière norvégienne. Tous deux étaient accueillants, grouillants de vie, avec des services de qualité. Les deux villes étaient nées en s’appuyant sur la pêche, qui reste vivace, et ont su accueillir les touristes sans perdre leur authenticité. Strömstad accueille cependant des milliers (millions) de Norvégiens dans des centres commerciaux immenses.
Nous avons aussi planté notre ancre (à la française) ou nous sommes amarrés sur des bouées du club de voile suédois dont nous faisons partie dans différents mouillages : Djupsundsholmarna au Sud de Rörö, Näverkärrskilen au Nord de Lysekil, à Gluppö dans l’archipel de Fjällbacka, à Trossö près de Havstenssund et à Nyckelbykilen juste au Sud de Strömstad. Notez bien les noms : ils nous sont devenus plus ou moins familiers, mais nous partons pour la Norvège…
Qu’avons-nous remarqué ?
D’abord que le retour du week-end de Midsummar en bateau sur Göteborg est intense : des files de bateaux à notre rencontre ! Ensuite qu’il est possible de s’amarrer dans cet archipel le long d’un rocher : les amarres avant et arrière sont sur un rocher, et des pare-battages sont entre le bateau et le rocher : voir les photos. Il peut y avoir des inconvénients : dans le premier mouillage, 4 voiliers étaient à couple, le premier était amarré sur un rocher. Au petit matin, une série de grosses vagues est entrée dans le mouillage : panique dans les 4 bateaux secoués dans tous les sens, indépendamment l’un de l’autre !
En quittant ce mouillage, un bateau suédois s’est approché de nous, et un Français à bord nous a signifié son plaisir à rencontrer un bateau français dans les environs, ce qui est rare a-t’il dit, et nous a dit avoir trouvé notre blog : sympa ! Il nous a même adressé par la suite une photo de PikouRous prise au mouillage….
Nous avons aussi rencontré un bateau « français » dans le deuxième mouillage, mais là, notre déception a été grande : le drapeau était français, le nom « Cap d’ail » était français, mais lorsque nous nous sommes approché, seule une personne à bord parlait… anglais. Le bateau était de fabrication suédoise, aucun français à bord, simplement, l’équipage avait envisagé de se rendre dans le Sud de la France ??? Nous nous sommes sentis un peu trahis.
Dans le troisième mouillage nous avons fait une superbe ballade sur les rochers. Nous avons constaté qu’il était possible dans un mouillage semblable à un mouillage français, où de nombreux bateaux sont à l’ancre de prévoir des toilettes sèches et des poubelles.

Aspect technique

  • navigation dans les chenaux sous génois seul. Cette méthode est largement employée ici. Elle permet par vent portant de s'affranchir de la crainte d'un empannage involontaire.
  • remplacement de l'évent de ventilation du compartiment moteur qui n'a pas supporté l'hiver nordique.
  • remplacement d'un ventilateur de l'ordinateur de bord qui donnait des signes de fatigue.




Picasa
Plein écran

3 commentaires:

  1. Alain BENEDICTUS5 juillet 2010 à 12:43

    Hello! Nouvelle proposition pour Octobre. Allez voir vos emails ou le forum!

    RépondreSupprimer
  2. Merci Alain
    Pour nous c'est ok.

    RépondreSupprimer
  3. Super votre blog :

    C'est bien écrit (remarquablement même).
    Juste le bon ton aussi, sans trop donner de détails personnels par exemple.
    Ne le fermez pas parce que vous êtes rentrés, pour que l'on en profite encore...
    Jean NANTES

    RépondreSupprimer